Les découvertes récentes sur le cerveau valident les méthodes des visites guidées dites “décalées“...

On connait le succès public des nouvelles formes de visites guidées que l'on appelle “décalées“, “animées“, “insolites“, immersives ou encore expérientielles... Les récentes découvertes sur le fonctionnement du cerveau et les recherches en sciences cognitives, démontrent qu'un corps actif apprend mieux, que l'effet de surprise et l'étonnement sont des éléments essentiels d'un apprentissage renforcé... Lors d'une visite guidée “à l'ancienne“ (sollicitant le seul discours du guide et l'observation du patrimoine...) 40% des participants sont en incapacité physiologique d'entrer en découverte ! Il est donc temps de prendre au sérieux ces nouvelles façons de découvrir nos patrimoines !

Expérience vécue - Fin Septembre 2016, dans la cour du Musée des Arts et Métiers à Paris, nous animions Yves Hanosset et moi-même, la formation à la visite décalée des patrimoines.

L'exercice du matin consistait à mémoriser durant 2 minutes les détails de la facade du musée. Dix Guides conférencières se collent au jeu !

Au bout des 2 minutes le groupe se retourne et des questions sont posées sur les détails de la facade.

Deux participantes sont visiblement très à l'aise, et quatre n'ont aucune réponse. Comme un sentiment de honte qui surgit parmi ces membres qui en débrieffant l'exercice expliquent que “c'est la même chose depuis tout petit!“ -  “J'ai pas de mémoire...“ entend-on.

On enchaine avec un nouvel exercice beaucoup plus engageant cette fois. Il s'agit de jouer un dialogue imaginaire entre les deux apollons qui contemplent les ciels de Paris depuis le haut du bâtiment. Le groupe s'anime avec joie et enthousiasme, on rit, on s'investit... Le résultat est immédiat : “Ah et bien là je me souviendrai à jamais de cette facade dit l'une d'entre nous...“

Les scientifiques nous disent : un corps actif que l'on surprend apprend beaucoup mieux.

De nombreuses expériences, chez l’animal comme chez l’homme, au laboratoire ou à l’école, démontrent qu’un organisme passif n’apprend pas.“ nous explique Stanislas Dehaene du Collège de France dans une conférence passionnante du 3 février 2015 sur les fondements congnitifs des apprentissages scolaires.

Stanislas Dehaene prolonge “ Chez tous les êtres humains, comme chez l’animal, la surprise, c’est-à-dire le décalage entre les attentes et la réalité, joue un rôle déterminant dans l’apprentissage. Chez l’enfant, les travaux récents de Lisa Feigenson montrent que, dès qu’un événement visuel inattendu suscite une réponse de surprise chez l’enfant, cette surprise s’accompagne d’un apprentissage accru.“

 

L'enseignement qui dévoile tout, peut tuer la curiosité !

Les résultats obtenus par deux chercheurs en sciences cognitives (Bonawitz et coll. en 2011) démontrent que “l'enfant à qui on fournit un enseignement trop explicite et de façon répété perd la curiosité d'exploration de l'objet. Plus précisément, lorsqu’un expérimentateur, de façon répétée, dévoile la totalité des fonctions d’un jouet, les enfants, confrontés à un jouet nouveau, n’ont plus la curiosité d’en explorer toutes les facettes.“

Ces recherches sont donc questionnantes pour le conférencier qui n'utilise qu'un seul mode de guidage, la voix et la vue...

Un engagement actif de l'apprenant est nécessaire. il est donc très important de susciter l'envie, par le plaisir dans l'activité. Et comme chacun de nous a un mode d'apprentissage prédominant, en marchant, d'autre en touchant, plus les exercices d'apprentissages seront variés, plus chacun y trouvera son compte.

C'est donc là que les exercices multiples et réjouissants de la visite animée interviennent comme de fabuleux moteurs de l'attention. Le visiteur est actif, il a des retours d'informations, des messages d'erreurs dans les exercices qu'il effectuent.

Les guides conférenciers peuvent très facilement se former à ces techniques essentielles.

“Les jeux sensoriels mis en place dans les visites animées ne sont pas “un détournement de l'attention“ comme “les académiques“ nous le reprochent, explique Bruno Tamaillon Directeur de TAMS, mais sont bien un service rendu aux visiteurs qui ont soif de curiosité !“ Il règne toujours en France une vision figée des patrimoines et des modes d'apprentissages, c'est désolant, car on laisse au bord du chemin de la connaissance de nombreuses personnes ! L'expérience immersive n'est pas un effet de mode, mais bien un service rendu.

C'est bien pour cela que nous développons avec Yves hanosset ces formations qui révolutionnent les modes d'explorations des visites guidées classiques. Je vous laisse découvrir ci-dessous quelques-uns des plaisirs de l'apprentissage immersif !

Bruno Tamaillon, le 3 Janvier 2017

Cet hiver, une formation unique aura lieu à Paris les 16 et 17 Novembre 2017.

Découvrez le programme